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L’énergie solaire: facteur de réduction de la pauvreté

L’énergie solaire pourrait contribuer à la réduction de la pauvreté. David J. Grimshaw et Sian Lewis parlent de sa progression, de son potentiel et des problèmes qu’elle pose.

L’accroissement de l’accès à l’énergie est essentiel pour assurer le développement socio-économique dans les pays les plus pauvres du monde. D’après les estimations, 1,5 milliard de personnes dans les pays en développement n’ont pas accès à l’électricité, 80 pour cent d’entre eux vivant en Afrique sub-saharienne ou en Asie du Sud.

Le problème est plus important dans les régions éloignées: 89 pour cent de la population rurale en Afrique sub-saharienne vit sans électricité, ce qui représente plus du double de la proportion (46 pour cent) des zones urbaines.

Pour ces personnes, même l’accès à une quantité réduite d’électricité pourrait conduire à des améliorations salutaires dans les domaines de la productivité agricole, de la santé, de l’éducation, des communications et de l’accès à l’eau potable.

Les options visant à accroître l’accès à l’électricité dans les pays en développement se concentrent surtout sur l’augmentation de l’énergie centrale produite à partir des combustibles fossiles comme le pétrole, le gaz et le charbon, en étendant le réseau électrique. Mais cette approche comporte peu d’avantages pour les pauvres en milieu rural. L’extension du réseau dans ces zones est soit impossible à réaliser soit trop coûteux.

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Cette stratégie ne contribue pas non plus à la lutte contre les changements climatiques. L’énergie est déjà responsable de 26 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre et alors que la majeure partie de cette énergie est produite dans les pays industrialisés, d’ici 2030, les pays en développement utiliseront selon les prédictions 70 pour cent d’énergie annuelle totale de plus que les pays développés.

Il y a donc un besoin évident de trouver des moyens d’améliorer l’accès à l’électricité dans le monde en développement, qui soient avantageux pour les pauvres et à faible émission de carbone – l’énergie solaire pourrait être une solution.

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Plus de la moitié des personnes dans le monde n’ayant pas accès à l’électricité vivent actuellement en Afrique subsaharienne. Dans cette zone, « le nombre de personnes dépourvues d’accès à l’électricité continuera mécaniquement à augmenter jusqu’en 2025, voire 2040 » selon l’Institut Montaigne dès lors que la croissance démographique y est « plus rapide que le rythme auquel les populations accèdent à l’électricité ».

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Dans sa note publiée le 13 février, le think tank français présente l’énergie solaire photovoltaïque comme « une solution prometteuse » pour faire face aux besoins accrus d’électricité en Afrique subsaharienne. Cette note rappelle les avantages de cette filière – « dont le potentiel demeure aujourd’hui largement sous-exploité » – tout en posant les conditions d’un développement efficace, à travers plusieurs propositions.

L’Institut Montaigne constate que les centrales électriques mises en service en Afrique subsaharienne « continuent d’être essentiellement thermiques ou hydroélectriques », avec un coût de production de l’électricité en moyenne très élevé :  « de l’ordre de 0,20 à 0,50 $/kWh » selon la Banque africaine de développement (contre 0,10 $/kWh en moyenne dans le monde).

Dans le même temps, le solaire photovoltaïque se développe « sous des formes multiples : éclairage (lampadaires solaires ou lanternes solaires), kits individuels (typiquement une puissance de quelques watts), mini-centrales hors réseau (quelques kilowatts), toitures industrielles en autoconsommation (de la dizaine à la centaine de kilowatts), grands champs solaires (du mégawatt à quelques dizaines de mégawatts) ». Les installations photovoltaïques présentent notamment l’avantage d’être rapides à construire dans des zones isolées.

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Pour lever les freins à leur développement à grande échelle (en particulier des centrales de taille intermédiaire de 5 à 50 MW, « cruciales pour réussir l’électrification du continent africain »), l’Institut Montaigne constate qu’il est nécessaire de réduire le coût du financement de ces projets « très capitalistiques et de petite taille ». À cette fin, il recommande entre autres « de standardiser la structure contractuelle des projets afin de faciliter leur agrégation et la titrisation des créances qu’ils génèrent, et donc leur financement ».

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